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La plus part du temps la mise en œuvre des
coffrages verticaux industriels permet de garantir la stabilité du coffrage
par rapport à la poussée du béton. Parfois, il est nécessaire de dimensionner
les ancrages du coffrage afin de reprendre cette poussée. Il devient alors
nécessaire de la connaître. Comment le béton frais agit-il sur le
coffrage ? Que vaut la pression exercée par le béton ? Pour répondre à ces questions, il faut dans un premier
temps identifier la nature de la poussée du béton frais.
Cette approche intègre ainsi trois
phénomènes : La poussée hydrostatique, l’effet limitant cette poussée du fait
de la plasticité du béton, et l’effet de stabilisation de l’affaissement du béton à
sa base en forme de voûte comme on le
voit sur la photo. Déterminons la poussée du béton frais au
travers un exemple. Supposons que l’on ait besoin de connaître
cette pousser pour stabiliser un voile de 3.50m de hauteur et de 0.4m
d’épaisseur. La poussée hydrostatique : En approchant l’état du béton par l’état
d’un liquide, le béton pousse le coffrage à l’horizontal. L’intensité de
cette poussée est égale à la pression exercée par la masse du béton.
Cette modélisation signifie que si le
coffrage est retiré, le béton s’étale au sol comme de l’eau. Ce n’est pas la réalité, son étalement est
limité du fait qu’il est plastique. Il faut ajuster le modèle du liquide en
intégrant cet effet de plasticité appelé aussi effet de durcissement. Cet
effet limite donc la poussée hydrostatique du béton. L’effet de plasticité, ou effet de durcissement : Cet effet de plasticité est du à la
cohésion entre les grains. Cette cohésion limite l’étalement du béton par un
maintient partiel. Cet effet plastique dépend la plasticité
du béton, mais également de la vitesse de remplissage du coffrage. Si le
coffrage était rempli instantanément, le béton n’aurait pas le temps de se
stabiliser et il s’étalerait comme un liquide. Les valeurs de limitation de la poussée
hydrostatique sont rassemblées sur un graphe selon la vitesse de levée et
l’affaissement.
Vitesse de levée : Les voiles de 0.40m
d’épaisseur sont coulés par tranche de 11.25m. Le béton est coulé par benne
de 1.25m3. La benne est vidée de façon répartie sur la longueur du
coffrage en moyenne en 4 minutes. La benne est donc vidée sur une surface de
11.25x0.40=4.50m². La levée du coulage par benne vaut donc :
1.25/4.50=0.30m. La vitesse de levée vaut : 0.30/4=0.075m/minute,
soient : 0.075x60=4.5m/h. La lecture du graphe montre que pour un
affaissement de 7cm et une vitesse de levée de 4.5m/h, la plasticité du béton
limite la poussée hydrostatique à 150kN. Comme la poussée hydrostatique a une
valeur maximale de 87.5kN, à cette vitesse de coulage la plasticité du béton
ne produit aucun, effet : il se comporte comme un liquide. Il est a observer également que la valeur
minimum vaut 50kN/m. La poussée hydrostatique parvient à cette valeur à
partir d’une profondeur de 50/25=2m. Autrement dit, la limitation de la
poussée hydrostatique par la plasticité du béton ne s’observe que pour des
parois verticales d’une hauteur supérieure à 2m et pour une vitesse de levée
très lente. L’effet de voûte : Cet effet ne s’observe que pour les bétons
dont l’affaissement est inférieur à 7.5cm. C’est ici le cas. Cet effet dépend aussi de la largeur du
coffrage et de la vitesse de levée. Plus le coffrage est large, plus le béton
s’étale et moins cet effet est observé. De même, plus la hauteur de coulage
augmente, moins le béton n’a le temps de se stabiliser. Les valeurs de limitation de la poussée hydrostatique sont
rassemblées sur un graphe selon la vitesse de levée et l’épaisseur du
coffrage.
La lecture du graphe montre que la
formation d’une voûte à la base du béton limite la poussée hydrostatique à
65kN. Ici la voûte se forme à une profondeur de
65/25=2.6m. Cela signifie qu’à partir d’une profondeur
de 2.6m le béton ne se comporte plus comme un liquide : il s’étale moins
et s’affaisse moins pour former une voûte qui exerce une pression régulière
sur le coffrage de 65kN.
Remarque : Pour un voile de bâtiment classique
c'est-à-dire d’une hauteur de 2.50m d’une épaisseur de 0.20m et d’une vitesse
de levée proche de 9m/h, l’effet de voûte de se produit pas. Le graphe
indique une pression de 65kN/m. Hors la poussée hydrostatique atteint cette
valeur à partir d’une hauteur de 65/25=2.60m. Pour un voile classique, le béton frais se
comporte comme un liquide et sa poussée croît régulièrement de 0 à
25x2.5=62.5kN/m Cela signifie que : les effets produits par la plasticité
du béton n’ont de conséquences significatives que sur les éléments de forte
hauteur (à partir de 3m) ou sur des éléments coulés très lentement. En dehors
de cela, le béton frais se comporte comme un liquide. Que vaut globalement cette poussée et
où s’applique-t-elle ? Le raisonnement est conduit sur une bande
de coffrage de 1m de largeur. Globalement, la poussée est la somme de
chaque poussée ponctuelle. Autrement dit, c’est la surface des poussées
ponctuelles. Cette surface peut être décomposée en un triangle et un
rectangle. La surface du triangle vaut :
2.6x65/2=84.5kN La surface du rectangle vaut :
0.9x65=58.5kN La poussée globale vaut :
84.5+58.5=143kN La poussé s’applique au centre de gravité
des forces. C’est la composition du centre de gravité du triangle affecté
d’une force de 84.5kN et du rectangle affecté d’une force de 58.5kN. En se repérant par rapport à la base du
coffrage, le centre de gravité du triangle se situe à :
1/3x2.6+0.9=1.77m De même le centre de gravité de rectangle
se situe à : 0.9/2=0.45m Le centre de gravité global se situe
à : (1.77x84.5+0.45x58.5)/(143)=1.23m
Remarque : Pour un voile classique la poussée globale
du béton frais sur une bande de 1m de large vaut : 2.50x62.5/2=78kN. Cela représente une
masse de 7.8t par largeur de 1m ! Cela montre l’importance du problème de la
stabilité des coffrages par rapport à cette poussée. Quels effets cette poussée produit-elle
sur le coffrage? La charge est horizontale et sa résultante
ne s’applique pas en pied de coffrage. La poussée produit donc deux effets. Elle pousse le coffrage horizontalement,
ce qui peut provoquer une translation horizontale du coffrage. Le fait que la résultante n’est pas en
pied de coffrage, la poussée tend à faire basculer le coffrage. Elle produit
un moment sur le coffrage. La stabilité du coffrage est obtenue
lorsque les ancrages compensent la poussée horizontale et le basculement du
coffrage. |
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